Car réussir l’exploit de se faire passer pour un bon enfant du pays victime d’un acharnement néocolonial visant à « freiner la reconstruction et la politique sociale en faveur des plus démunis… », tout en promettant de demeurer aux commandes pour triompher de plus belle dans quelques mois, cela traduit une grande irresponsabilité et une volonté de tromper.

Mais vous qui, par vos votes, avez fait de nous des élus, nous devons vous dire la vérité.

On a le droit d’aspirer à des changements institutionnels et statutaires. Mais en l’état du Droit positif français, la procédure de révocation entreprise par le Préfet est tout à fait conforme à la loi.

Ce n’est pas un acharnement de l’Etat, mais la résultante d’une dégradation vertigineuse de la situation financière, de la salubrité et de la sécurité de la ville de Pointe-à-Pitre.

Quand le déficit d’une ville représente près de 200% de ses recettes de fonctionnement, quand les services communaux fonctionnent à temps partiel faute pour la ville de pouvoir payer la maintenance des climatiseurs, quand les écoles ferment et que des édifices publics sont pointés du doigt pour non conformité aux normes de sécurité, quand on viole le Code des marchés publics pour favoriser certains en payant le prix fort, il y a péril en la demeure.

C’est pour cela que le Code général des collectivités territoriales prévoit la sanction de la révocation, qui, dans le cas de Pointe-à-Pitre, a sonné comme un coup de semonce car c’est la première fois qu’on a vu le Maire esquisser une réaction, un semblant de volonté de redressement, après une dizaine d’années de dérives au mépris des alertes de la Chambre régionale des comptes et des élus de la minorité.

Que cela déplaise ou non, l’Etat est dans son rôle ! Et c’est pratiquement une chance pour Pointe-à-Pitre, qui souffre de l’abandon de ses administrés et de l’abstention qui maintient au pouvoir la même équipe municipale depuis plus d’un demi siècle.

Et quand on entend les alliés du Maire démissionnaire le soutenir aveuglément, on peut penser qu’ils ont peu de considération pour les Pointois, qui vivent la ville au quotidien.

On peut comprendre le sentiment de certains, qui voient dans la procédure initiée par le Préfet une intrusion de l’Etat dans nos affaires locales. Mais encore faut-il se demander : pourquoi l’aspiration naturelle de tout peuple à s’autogouverner est-elle battue en brèche par la défiance généralisée des guadeloupéens envers leurs élus et leurs élites ?

Si la décentralisation a pu créer l’espoir d’un pouvoir domicilié localement, force est de déplorer, près de 40 ans après la loi DEFERRE, un bilan calamiteux des finances publiques locales, qui génère des pressions et inégalités fiscales insupportables.

- Eau : déficit, disparition de l’argent payé par les usagers pour l’entretien des réseaux ; - CHU : déficit et dysfonctionnements de nature à mettre en péril notre santé ; - CASBT : déficit, détournements, abus en tous genres ; - Déchets : 15 années de perdues, des communes et établissements publics qui restent devoir au SYVADE des millions d’euros ;

Qui est le Président de l’Office de l’eau ? Qui est le Président du Conseil de surveillance du CHU ? Les mêmes qui sévissent à Pointe-à-Pitre.

Face à toute cette gabegie, n’est-ce pas normal que les citoyens aient davantage confiance en l’Etat qu’en leurs élus qui, eux, n’ont de cesse de réclamer plus de pouvoirs afin de n’avoir de compte à rendre à personne.

Certains guadeloupéens peuvent même voir en l’Etat un garant de la légalité et de la saine gestion des fonds publics, c’est-à-dire, de notre argent.

C’est pourquoi notre groupe poursuit, inlassablement, le travail d’information et de conscientisation des citoyens, afin qu’ils retrouvent confiance en eux-mêmes et en leur ville, en leur pays, pour s’engager en politique et prendre leurs affaires en main.

Une nouvelle ère commence. À nous d’être à la hauteur.

Pointe-à-Pitre vivra !
Harry DURIMEL Le groupe des élus OXYGENE