Les Verts et le LKP

Mis à jour : juin 2


Objet : Droit de réponse, suite à l'article rédigé par Gladys Démocrite, paru dans le dernier numéro du Mika déchainé, et publié par plusieurs médias locaux sur internet. Pointe- à- Pitre le 5 Février 2011 Madame, Le dernier numéro de votre journal s’interroge quant à l’adhésion des composantes du LKP, tels les Verts Guadeloupe, quant au discours indépendantiste véhiculé par son porte-parole, discours qui serait incompatible avec la participation d’Harry DURIMEL à la majorité régionale conduite par Victorin LUREL. Cette interpellation appelle plusieurs observations de ma part : - A aucun moment, l’opposition à Victorin LUREL n’a été inscrite, ni dans les fondations, ni dans la plateforme de revendications du LKP. - Pas plus la revendications de l’indépendance n’a été une condition, ni le moteur de ce vaste rassemblement, hétéroclite dans sa composition, mais homogène et déterminée dans l’action, qu’a été le LKP. - Force est d’admettre que depuis quelque temps, on observe une certaine dérive, résultant de la puissance logistique des organisations indépendantistes dans ce rassemblement. Mais cela ne signifie point que toutes les organisations composant le LKP adhèrent à leur idéologie. - Pour nous les Verts Guadeloupe, en tant qu’écologistes, nous ne pouvons être nationalistes, quand on sait le mal que le nationalisme a engendré dans le monde (guerres, barbaries, discriminations, exclusions,…).

Citoyens du Monde, défenseurs de la Planète et de l’Homme, nous ne nous laisserons jamais enfermer dans aucune forme d’ostracisme. La mondialisation a remis en question les termes classiques du débat sur l’émancipation des peuples. La place de l’Etat même est remise en question par les flux financiers et la porosité des frontières. Alors pourquoi s’arc bouter au marxisme léninisme, au nationalisme et se replier sur soi ? Il est, certes, évident que diriger, de façon jacobine, à 8000km, des territoires qui ont été marqués par l’esclavage et la colonisation, c’est une gageure, un défi. Mais l’isolationnisme, l’Etat-Nation, n’est pas la solution à tous nos maux, comme certains veulent le faire croire. L’exemple de petites nations de la Caraïbe, qui ont acquis leur indépendance comme une mesure d’économie pour leurs anciens colonisateurs, est là pour nous éclairer. De la dépendance envers une métropole, ils sont passés à la soumission aux impitoyables lois du marché, et à l’impérialisme chinois, américain, européen,… . C’est pour cela qu’il faut, de façon régulière, cyclique, réviser la manière dont nos régions sont gouvernées, rechercher la meilleure manière de faire fonctionner l’ensemble intercontinental que nous formons entre l’Afrique, notre terre d’origine pour la plupart, les Amériques, la Caraïbe, où nous avons réimplantés nos racines, et l’Europe qui nous chante et nous hante, plus qu’elle ne nous parle, sans toujours tenir ses promesses. - Le Lyannaj auquel nous avons adhéré, et auquel nous croyons encore, c’est le rassemblement de tous ceux qui s’insurgent contre les injustices sociales, économiques, et les atteintes à la liberté, en un mot : la Pwofitasyon. Nous avons toujours refusé de voter le retrait de Verts Guadeloupe du LKP, car nous continuons à croire en ce concept, l’esprit lyannaj, le plus large rassemblement, sans stigmatiser, ni terroriser quiconque. Et nous ne doutons nullement de la vivacité de l’esprit LKP dans la population, qui elle, a toujours gardé raison et ne s’est jamais laissé aveugler par l’idéologisme. Le LKP, tel qu’il s’est défini en 2009 au plus fort de la mobilisation, et comme vous le rappelez fidèlement dans votre article, n’est pas mort. Ce sont ceux qui ont tenté de l’instrumentaliser, qui sont morts dans leurs films. Harry Jawad DURIMEL Porte Parole des Verts Guadeloupe

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